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Histoire de la pharmacie

Par Bertrand Karnet, 2019

La pharmacie est aujourd'hui un bien commun de l'Humanité. Il y en a partout dans le monde, des pays les plus riches aux moins développés. C'est le lieu où se vendent médicaments, remèdes et autres formules soignantes. Le pharmacien conseille et suit les prescriptions du médecin. La pharmacie, c'est aussi une science qui est peut-être encore plus ancienne que la médecine ou la chirurgie.

L'étymologie du terme ne ramène pas à la science, mais au lieu. Le mot «apothicaire » vient du grec «apothécê» ou «apothékê », qui signifie « entrepôt ou réserve », et du latin «apothecarius» qui désigne le boutiquier, celui qui «tient» un commerce. 
Aujourd'hui, la définition admise de la "pharmacie" est : « La pharmacie est la science s'intéressant à la conception, au mode d'action, à la préparation et à la dispensation des médicaments.» (Source Wikipedia).

Cette définition est contemporaine, mais on la retrouve très tôt dans l'Histoire. L'aventure de la Pharmacie remonte aux débuts de la civilisation et à ses relations avec les maux et les maladies.

La pharmacie dans les sociétés primitives

Les historiens s'accordent à dater l'émergence de l'art de la Pharmacie à 8500 ans avant Jésus-Christ. C'est la sédentarisation qui va entraîner d'un côté le changement de la pathocénose, c'est-à-dire des maladies, et l'apparition de la recherche des moyens de guérison. La sédentarisation a mené l'homme vers l'élevage. Cette proximité entre l'homme et les animaux domestiqués a facilité la transmission des maladies comme la tuberculose, la rougeole ou la variole par exemple. Ce changement de mode de vie a entraîné de nouveaux traumatismes. La sédentarisation permet des concentrations de population jamais vus et crée en même temps un climat parfait pour la multiplication et la mutation des virus. Les premiers pharmaciens étaient tout aussi bien médecins que "chercheurs" ou sorciers... Ils soignaient avec les plantes ou des extraits naturels d'animaux. On peut remarquer que l'ayurveda, la médecine traditionnelle indienne, datée de plus de 8000 ans, est en train de connaître un certain succès en Europe ces dernières années. Cette médecine était déjà sur un autre chemin, car au lieu de soigner les symptômes du mal, elle s'attelle plutôt à les prévenir ou à soigner ses causes. Le principe fondateur de l'ayurveda, tout comme celui de la médecine chinoise suit la logique suivante: la maladie vient d'une cause extérieure qu'il faut chasser pour guérir. Cette conception a largement inspiré la médecine du moyen-âge avec les fameuses saignées aux funestes conséquences.

Cette période qui dure jusqu'à l'Antiquité utilise le bouche à oreille pour la transmission des recettes. Le savoir n'est pas encore académique.

Développement de la transmission à l'Antiquité

Il faut évidemment attendre la naissance de l'écriture pour que les « recettes », les observations et le savoir soient transmis. L'Antiquité va être une période riche partout dans le monde pour la pharmacie et la médecine. Les premières pharmacopées vont être créées d'abord sous forme d'ébauche. Une pharmacopée regroupe et recense des plantes à usage thérapeutique, mais également des substances d'origine animale ou minérale et aujourd'hui chimique. Ce début de recensement sera une partie du développement du savoir. En parallèle, les tentatives pour varier et adapter la nature des soins permettent de créer de nouvelles façons d'absorber le médicament : potions, lavements, lotions, pommades, cataplasmes.

Durant l'Antiquité, les civilisations développaient leurs propres arts, même si nous savons aujourd'hui que le savoir se transmettait bien au-delà des frontières. En Égypte, le papyrus permet d'écrire les formules et le déroulement des recherches. Les grandes civilisations qui ont fait progresser la médecine, non sans s'enrichir du savoir des tribus conquises et des autres empires, sont la civilisation gréco-romaine et le monde arabe. Évidemment, dans le même temps, l'Asie développait ses méthodes que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les hôpitaux chinois où les médecins conjuguent pharmacies traditionnelle et moderne.

La Grèce antique est considérée comme le berceau de l'art médical européen. La pharmacie et la médecine orientale ont connu leurs premiers babillements sur la terre héllénique. On voit la fin de l'approche magique et religieuse chez les « chercheurs » pour trouver une démarche rationnelle et naturaliste.

Hippocrate est la figure tutélaire de cette période avec sa célébre "théorie des humeurs" et son credo du "natura medicatrix" : la nature guérit, la médecine doit l'accompagner.

C'est le début des grands remèdes qui vont, pour certains, perdurer jusqu'au Moyen-âge et pour d'autres nous inspirer encore.

  • Les bains
  • La saignée,
  • Les cholagogues
  • Les diurétiques
  • Les purgatifs
  • Le régime alimentaire

Hippocrate est resté dans la mémoire collective avec son fameux serment, mais Galien a modernisé la pensée d'Hippocrate et il est pour les chercheurs le vrai père de la médecine moderne.

Galien fait évoluer la médecine en l'émancipant du natura medicatrix. Le thérapeute sera désormais plus actif et moins dans l'observation ou l'attentisme imposé par le credo d'Hippocrate. Le Materia Mediaca va devenir un ouvrage de référence qui sera utilisé plusieurs siècles après, jusqu'au Moyen-âge. Le statut du médecin change et désormais ce terme englobe de plus en plus de spécialités comme la philosophie, la préparation des médicaments et les différentes sciences. Le fait religieux est définitivement écarté de cette science en devenir.

Pendant ce temps-là dans le vaste Orient, les sciences médicales vont faire des pas de géant. L'Empire ottoman va profiter de son immensité et de la richesse culturelle des royaumes qu'il va conquérir. Cet empire musulman ne crée pas d'opposition entre la religion, la science et la connaissance. A contrario de l'occident chrétien, les savants bénéficient de l'aide du pouvoir. Ils peuvent ainsi profiter des autres savoirs en les faisant évoluer. Entre 622 et 1258, l'Empire ottoman sera à la pointe des mathématiques, de l'astronomie, de la médecine ainsi que de la pharmacie.

C'est ainsi que naît le Bimastiran qui est l'ancêtre des cliniques. C'est le lieu où se pratique et s'apprend la médecine.  Si L'Occident peut se targuer d'avoir enfanté un Hippocrate, l'Orient peut lui s'enorgueillir d'avoir été la terre de Rhazes. Ce savant a notamment travaillé sur la différenciation de la médecine et de la pharmacie. Dans l'hôpital, il mettra la pharmacie et à l'extérieur, l'officine. Cette différenciation va permettre à Rhazes de mettre au point une sorte de charte de qualité pour la fabrication des remèdes. Le premier antidotaire date de cette période. On dépose à l'intérieur des collections de remèdes venues du monde entier. À cette époque on trouvera l'encyclopédie médicale "Qanûn", écrite par "le médecin des médecins", Avicenne, qui sera l'ouvrage qui fera force de loi jusqu'à la Renaissance italienne.

Le temps des apothicaires et de la réglementation

En Europe aussi, la dichotomie entre médecine et pharmacie existait. D'un côté les médecins, les intellectuels et de l'autre les apothicaires, les manuels. Désormais, les deux métiers seront dissociés.

Pour l'apothicaire, c'est le début d'une longue marche vers la normalisation. Il sera celui qui concocte les remèdes. En 1231, les Constitutions de Melfi seront les premières lois imposant des règlements pour la fabrication des médicaments. L'apothicaire devient aussi une menace, car il a le pouvoir de soigner, mais aussi de tuer. A une époque où l'empoisonnement était une solution courante pour se débarrasser d'un voisin, d'un concurrent ou même d'un prince, le métier a été contrôlé de près et rapidement légiféré. Il fallait aussi lutter contre le « qui pro quo ». Ce terme est venu à l'origine des apothicaires qui l'utilisaient pour qualifier une confusion entre deux remèdes. Petit à petit, une norme pour « la sécurité sanitaire » se mettait en place. Cette période sera riche en découvertes avec l'émergence d'un nouveau métier « la chirurgie ». Pour l'histoire de la pharmacie, le développement de l'alchimie permet d'expérimenter et surtout de se dégager du savoir des anciens en cherchant l'action du remède plutôt que l'action du corps et de la nature. Les laboratoires pharmaceutiques se multiplient. Peu à peu les apothicaires vont eux aussi aller vers une approche scientifique. La chimie sera le support principal de ce qui deviendra la base de la pharmacie moderne.

De la Renaissance à aujourd'hui

Cette période peut paraître vaste, mais la science est un fil conducteur et les grandes découvertes de la Renaissance ont entraîné la pharmacie vers l'ère moderne. Le 18e siècle connaitra une évolution majeure grâce à la rencontre de l'histoire naturelle pharmaceutique, de la chimie et de la pharmacie. On peut citer Rouelle, Valmont ou Bomare. Leurs recherches permettent d'établir des protocoles et surtout permettent de vérifier l'efficacité d'une réaction chimique, du rôle d'une plante et de son effet sur l'organisme. Entre Lavoisier et Schelle, le cœur des pharmaciens balance. Schelle est un petit pharmacien qui va faire des decouvertes incroyables dans la chimie minérale. Ses disciples Fourcroy, A. L. Brongniart et Vauquelin vont rajouter à la découverte du chlore par de Schelle, le chrome, le brome et le magnésium. Lavoisier établit les fondements de la chimie dite pneumatique, point de départ de la chimie moderne. Nous pouvons dire qu'à partir des dernières découvertes, la naissance de la pharmacie moderne est achevée. Les bases scientifiques, la prépondérance de la chimie et les protocoles de recherches actuels tirent leurs origines de ces avancées. En parallèle, les « pharmacies » remplacent peu à peu les apothicaires.

Au 21e siècle, les laboratoires sont devenus des multinationales qui chassent le profit et les pharmaciens des préparateurs mais aussi des conseillers pour les petits maux du quotidien. On trouve même des pharmacies en ligne !  L'Histoire de la pharmacie est semble-t-il loin d'être terminée... 

Bibliographie

Revue d'Histoire de la Pharmacie (1913-2017), éditions Persée

Histoire de la pharmacologie, site encyclopédique Imago Mundi 

Société Internationale d'Histoire de la Pharmacie, (ISHP)

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