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La banalité du sexe

desir

Dire que nous vivons dans une société hyper-sexualisée est devenu un lieu commun. Pourtant, le sexe semble être au cœur des préoccupations du monde. Ce n'est pas nouveau. Les grandes religions du livre ont toutes essayé de réguler la sexualité avec plus ou moins de succès. Freud au début du 20e siècle en a fait l'alpha et l'oméga de toutes les activités de l'homme. Pour être caricatural, tout ce que nous faisons est fait pour contrôler, voir sublimer, nos besoins sexuels. Le sexe a tellement été contrôlé par les religions et la société qu'il a fallu une libéralisation sexuelle faisant passer Sodome et Gomorrhe pour un club Mickey. Depuis 20 ans et peut-être avant, la sexualité devient l'objet de toutes les études et de tous les impératifs. On remarquera un glissement des valeurs de la société sous la couette. Hédonisme ou épicurisme, scientisme, performance, consommation... Aujourd'hui, on pourrait penser que le sexe est devenu la quintessence d'une vie.

Hyper sexualisation médiatique

Il ne faut pas penser que l'hyper sexualisation est à sens unique. Le progressisme et les réactionnaires y accordent la même importance. Qu'une femme soit utilisée comme un objet sexuel pour vendre un parfum pour homme ou qu'elle soit mise dans une burqua grillagée, le point de vue originel est le même : une femme est un objet sexuel. Les premiers s'en servent pour vendre et les autres la cachent pour la protéger de sa prétendue nature. Les féministes d'aujourd'hui brandissent des hashtags vengeurs et ont du mal à être d'accord. On attend avec impatience de savoir quelle page du Kamasutra doit être censurée, car elle décrit une positiion trop machiste. Le sexe est devenu un impératif sociétal après avoir été un outil d'émancipation. Il y a longtemps quand Hustler était le premier magazine porno aux US, le sexe était une simple carte dans un jeu de combat multiple. Lorsque Hustler met la première femme noire en une de son magazine, c'est un coup de semonce. Dans les années 1970, le cinéma porno était diffusé dans des salles traditionnelles et faisait des millions d'entrée. Cette époque, où le sexe était un moyen d'émancipation, a vite été rattrapée et récupérée par l'industrie. Le sexe est désormais un vulgaire marché capitaliste comme un autre.

Aujourd'hui, c'est la décadence comme diraient les autres. L'idée libertaire d'une sexualité épanouie est devenue un carcan castrateur. Avant, écrire « pipe » sur la une d'un magazine féminin était une conquête, aujourd'hui, c'est un impératif marketing. "Il faut baiser pour être dans la norme". En regardant le mouvement des jeunes vierges américaines, on pourrait les croire subversives tellement elles sont anachroniques. C'est l'été, vous ne trouverez pas un magazine ou un quotidien qui n'aura pas son dossier « sexe ». En 2018, le pays où l'Amour courtois est né ressemble à un parc d'attractions pour bonobos. Ça ne serait pas grave si cela ne créait pas de la frustration et que paradoxalement, cela devenait castrateur. Et puis surtout, il faut se coltiner des théories, des essais, des livres... Dans une étude récente, un magazine à la pointe du progressisme était tellement fier de nous annoncer que « 24% des femmes regardaient des pornos ». C'est ce genre de magazine qui lance une fatwa sur Abel Kechicke pour « man gaze» et qui se félicite quand une série bat le record de nombre de pénis à l'image. Le man gaze, c'est quand un artiste ou un intellectuel montre où décrit le monde avec son regard d'homme, c'est-à-dire obsédé par le sexe et avilissant pour la femme. Cela va de soi.

Nous vivons donc une période formidable où le sexe est au cœur des combats de la tendance militante. Il est au cœur, toujours, de la publicité. Il est au centre de la vie intellectuelle. On remarque même que le monde de la culture commet des « 50 Nuances » qui sont des succès mondiaux.

Le sexe serait donc l'alpha et l'oméga de la vie. "Je jouis, donc je suis". 2000 ans de pensée, de philosophie pour revenir à notre animalité. Les Lumières s'éteignent.

La banalité du sexe

Évidemment, la réalité se défie du manichéisme. A force de la banaliser dans un sens comme dans l'autre, la chose perd son intérêt et pire encore, ce plaisir simple se transforme parfois en une véritable corvée. Les hommes sont condamnés à faire jouir et se doivent donc d'être performants et les femmes doivent leur offrir une expérience pornographique. Le cunnilingus et la fellation deviennent des exercices notés, décris et guidés par des spécialistes. Les féministes ont inventé le « droit de jouir » qui devient un « devoir de faire jouir » pour les hommes. 

Et finalement, alors qu'on imagine que les individus cèdent à ces impératifs, un dernier sondage montre que dans la vraie vie, la sexualité est bien loin d'être la préoccupation première des Français.

  • 51 % estiment que le sexe est évalué à sa juste valeur contre 49 % qui le pensent surcoté.
  • 65 % des femmes déclaraient d'ailleurs qu'elles pourraient continuer de partager la vie de quelqu'un avec qui elles ne font plus l'amour.

Le sexe fait vendre. On sait très bien que nous aurons plus de lecteurs sur cet article ou avec un sujet sur les stimulants sexuels que si nous parlions de l'oeuvre de Camus.   Pourtant, à tout excès son contraire, on pourrait bien découvrir qu'une génération ivre de porno et de sexe  finisse par s'en désintéresse peu à peu. Et la tendresse, bordel!